Jeune homme de 16 ans.
Asthénie croissante depuis 6 semaines. Le médecin traitant réalise un bilan clinique et biologique, incluant un hémogramme, lequel retrouve une pancytopénie, qui motive l’hospitalisation.
A l’admission :
- pâleur cutanéo-muqueuse modérée
- absence de syndrome tumoral
- absence de signe infectieux
- absence de signe hémorragique
.- examen neurologique sans particularité
- testicules en place et symétriques.
Absence d’altération des fonctions hépatique et rénale, pas d’augmentation des LDH ou de l’acide urique
Hémogramme
Leucopénie, anémie, thrombopénie
La formule leucocytaire de l’automate signale une agranulocytose (neutrophiles < 0.5 G/L) mais le message d’alerte évoque la présence de cellules anormales : blastes ? lymphocytes stimulés ?
Une étude attentive du frottis sanguin est nécessaire
Frottis sanguin : faible grossissement
Lymphocytes
Lymphocyte et petit blaste, d’identification malaisée
Affirmer la présence de cellules anormales oriente, dans un contexte de pancytopénie sans organomégalie, vers une hémopathie (aiguë), alors que l'absence de cellules anormales objectivées sur frottis ne permettra pas d'orienter vers une LA plutôt qu'une aplasie médullaire
Petite cellule anormale évocatrice de petit lymphoblaste
Petite cellule anormale évocatrice de petit lymphoblaste
Neutrophile mature : morphologie normale
Bilan :
Rares cellules anormales (2%), ayant la morphologie de petits lymphoblastes
Pas de dysgranulopoïèse (sur les rares cellules observables)
Moelle de richesse augmentée, confirmant l’hypothèse d’une hémopathie et non d’une aplasie médullaire
Moelle osseuse : grossissement intermédiaire
Les cellules observées se ressemblent presque toutes
Moelle osseuse : fort grossissement
Petits blastes (jusque 15 µm de diamètre), avec rapport N/C élevé
Petits blastes
Blastes et un myélocyte neutrophile
Le cytoplasme des blastes est réduit, et ne montre pas de granulations
L'examen attentif d'un grand nombre de blastes médullaires montre que quelques uns possèdent quelques granulations cytoplasmiques
Ici : les 2 blastes à l’extrême gauche et à l’extrême droite
3 blastes contiennent de fines granulations cytoplasmiques, à peine visibles
Un blaste avec petites granulations azurophiles
Un blaste avec petites granulations azurophiles
Un myélocyte en bas et un blaste avec granulations azurophiles en haut
Le blaste à droite contient des granulations cytoplasmiques : sa morphologie générale évoque celle d’un grand lymphoblaste mais, s’il n’existait pas d’autres lymphoblastes avec granulations chez ce patient, cette cellule isolément aurait sans doute été classée en myéloblaste
Bilan morphologique
Les lymphoblastes ont une taille petite ou moyenne, une chromatine assez dense et rarement nucléolée ; 1 ou 2 replis de chromatine sont visibles dans certains noyaux. Le cytoplasme de taille réduite (N/C environ 0.90-0.95) est de basophilie modérée. Environ 3% des blastes possèdent des granulations azurophiles, en petit nombre (5 - 10 max), regroupées de manière focale. Environ autant de lymphoblastes possèdent une zone claire ressemblant en plus petit à une inclusion en coupelle.
Aucun blaste ne présentait de positivité pour la cytochimie de la myéloperoxydase
Profil immunophénotypique de LAL B2 – EGIL
Caryotype : 58,XY,+X,dup(1)(q21q41),+4,+4,+6,+8,+10,+14,+14,+17,+18,+21,+21 [11] / 46,XY [14]
Diagnostic retenu : Leucémie aiguë lymphoblastique B avec hyperdiploïdie (> 50 chr ou DNA index > 1.15) (OMS 2008)
(ici on ajoute : LAL B II selon l'EGIL)
Les LAL B hyperdiploïdes sont retrouvées chez environ 30% des enfants et 10% des adultes
Il s’agit le plus souvent de LAL de phénotype B2, comme ici
La présence de granulations s'observe dans environ 5% des LAL : leur nature est variable (lysosome avec débris de digestion ? corps lamellaires ? L'inclusion montre une ultrastructure variable selon les cas au microscope électronique), de même que leur couleur (de gris pâle à rosé, parfois très basophiles).
Sans signification particulière quand elles sont observées dans des lymphoblastes de morphologie classique, comme ici, mais pouvant se retrouver dans des cellules d’allure monocytoïde et faire alors évoquer une LAL B1 (voir observations de LAL B I)

